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| COMPRENDRE
LES SYNDROMES MYELODYSPLASIQUES. INFORMATIONS PRATIQUES AUX
PATIENTS |
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Dr.
Pierre Fenaux : Médecin des Hôpitaux, Professeur
à la Faculté de Médecine de Lille
Dr.
François Dreyfus : Médecin des Hôpitaux,
Professeur à la Faculté de Médecine
de Paris-Cochin
Dr.
Béatrice Mahé : Médecin des Hôpitaux,
Centre Hospitalier Universitaire de Nantes
Dr.
John M. Bennett : Professeur d'Oncologie clinique et biologique
à la Faculté Médicale et Dentaire de
l'Université de Rochester
Que
sont les SMD
Les SMD, ou syndromes myélodysplasiques, sont des
maladies de la moelle osseuse. Normalement, la moelle
osseuse produit trois sortes de cellules sanguines - les
globules rouges, ou hématies, les globules blancs,
ou leucocytes, et les plaquettes. La moelle osseuse des
patients atteints de SMD fonctionne de façon anormale,
et ne peut plus produire suffisamment une, deux ou les
trois sortes de cellules normales. De plus, elle produit
des cellules anormales qui sont dites myélodysplasiques.
Généralement, les SMD touchent les personnes
âgées, la majorité des patients ayant
plus de 65 ans. Les SMD n'abrègent pas forcément
l'espérance de vie. En effet, la moelle osseuse
défectueuse suit une évolution très
progressive, et les personnes âgées meurent
souvent d'autres maladies que du SMD. Dans certains cas,
la moelle osseuse est cependant dans l'incapacité
totale de produire des cellules normales. Les patients
ne peuvent alors pas combattre les infections, du fait
du manque de globules blancs, ni arrêter les saignements,
du fait du manque de plaquettes ; une anémie survient
également. De plus, un SMD peut évoluer
dans 30% des cas environ vers une maladie plus grave de
la moelle osseuse qui produit des leucocytes indifférenciés
ou immatures et où existe un déficit particulièrement
important dans les trois sortes de cellules sanguines
normales : c'est la leucémie aiguë myéloïde
(LAM).
Les différents types de cellules sanguines
Les
globules rouges ou hématies
La moelle osseuse produit les globules rouges qui apportent,
grâce à leur hémoglobine, l'oxygène
nécessaire aux tissus de l'organisme. Le taux d'hémoglobine
est le meilleur reflet de la quantité de globules
rouges dans le sang. Les femmes en bonne santé
ont un taux d'hémoglobine compris entre 12 et 15g/dl.
Les hommes en bonne santé ont un taux d'hémoglobine
compris entre 13 et 16g/dl. Les patients atteints de SMD
ont généralement un taux d'hémoglobine
inférieur à la normale. L'anémie
se caractérise par un taux d'hémoglobine
bas (de 10 à 12g/dl pour une anémie discrète,
de 8 à 10g/dl pour une anémie modérée,
et moins de 8g/dl pour une anémie importante).
Les
globules blancs ou leucocytes
La moelle osseuse produit aussi des globules blancs qui
préviennent et combattent les infections. Normalement,
la moelle osseuse produit entre 4 000 et 10 000 globules
blancs par mm3 de sang. Ce nombre est plus bas chez les
personnes d'ethnie noire (entre 3 200 et 9 000). Il y
a différentes sortes de globules blancs, comme
les neutrophiles qui combattent les infections bactériennes
et les lymphocytes qui combattent les infections virales.
La moelle osseuse des patients atteints des SMD est souvent
incapable de produire un nombre suffisant de globules
blancs, de neutrophiles en particulier. La neutropénie
se caractérise par la diminution du nombre de globules
blancs neutrophiles (à moins de 1800/mm3). Au cours
de leur maladie, la majorité des patients atteints
des SMD ont une neutropénie. La neutropénie
augmente les risques d'infections bactériennes,
comme la pneumonie et les infections urinaires.
Certains patients atteints des SMD souffrent d'infections
chroniques sans avoir de neutropénie. Dans ce cas,
bien que leur nombre soit normal, leurs globules blancs
ne fonctionnent pas aussi bien que ceux d'un sujet sain.
Les
plaquettes
La moelle osseuse produit aussi les plaquettes qui aident
à la coagulation du sang et permettent donc d'arrêter
les saignements. La moelle osseuse produit normalement
entre 150 000 et 400 000 plaquettes par mm3. La majorité
des patients atteints des SMD finissent par avoir une
thrombopénie, caractérisée par un
nombre de plaquettes insuffisant. Une thrombopénie
importante se définit par un taux de plaquettes
inférieur à 20 000, mais elle est rare.
Elle peut être responsable de saignements.

Quelle
est la cause des SMD ?
On connaît mal les causes exactes des SMD. Fumer
augmente le risque de LAM (d'un facteur de 1,6 environ)
et peut-être de SMD. Aucun aliment connu n'est associé
avec les SMD. La consommation quotidienne de boissons
alcoolisées peut faire diminuer le nombre de globules
rouges et de plaquettes mais n'est pas à l'origine
des SMD. Il semblerait que certaines personnes soient
prédisposées aux SMD. On peut comparer cette
prédisposition à un interrupteur actionné
par un élément externe. La radiothérapie
et la chimiothérapie peuvent jouer un rôle
déclencheur. Les patients qui suivent un traitement
par chimiothérapie pour certains cancers risquent
de contracter des SMD pendant les dix ans qui suivent
le traitement. L'exposition à certains produits
chimiques présents dans l'environnement peut aussi
être un déclencheur. Cependant, à
part le benzène (maintenant très largement
éliminé de notre environnement), on ignore
précisément quels sont les produits chimiques
concernés. On fait une distinction entre les SMD
primaires (sans cause connue) et les SMD secondaires (associés
à un agent leucémogène). Dans ce
dernier cas, on trouve plus souvent des anomalies chromosomiques
dans la moelle osseuse et la maladie évolue plus
souvent vers la LAM. Les patients et leur famille s'inquiétent
souvent des risques de contagion de SMD. Rien n'indique
que les SMD soient d'origine infectieuse notamment virale.
Ils ne peuvent donc pas être transmis aux proches.
Il arrive que les SMD se manifestent chez des sujets d'une
même famille, mais le cas est très rare.
Il est donc inutile de procéder à un dépistage
sanguin de routine dans la famille des patients.

Quels
sont les symptômes des SMD ?
Pendant les premiers stades de la maladie, la majorité
des patients ne présentent aucun symptôme.
Une numération sanguine de routine montre une réduction
du nombre de globules rouges (diminution du taux d'hémoglobine),
et parfois des globules blancs et/ou de plaquettes. Il arrive
aussi que le nombre de globules blancs et de plaquettes
soit diminué alors que le taux d'hémoglobine
est resté normal. Toutefois, la diminution n'est
pas assez importante pour faire apparaître des symptômes.
D'autres patients présentent des symptômes
qui varient selon les cellules impliquées et l'importance
de leur diminution :
La
diminution des globules rouges (ANEMIE)
Les patients anémiques souffrent souvent d'asthénie
(fatigue) avec les symptômes qui en découlent.
Les patients atteints d'anémie discrète (taux
d'hémoglobine compris entre 10 et 12g/dl) peuvent
ressentir une fatigue d'importance variable. Les patients
atteints d'anémie "modérée"
(taux d'hémoglobine compris entre 10 et 12g/dl) sont
plus fatigués, ils sont parfois sujets à des
palpitations, un essoufflement et ils peuvent être
pâles. Presque tous les patients atteints d'anémie
importante (taux d'hémoglobine inférieur à
8g/dl) sont très fatigués, ont un essoufflement
important et ils sont pâles. L'anémie crée
une diminution du flux sanguin vers le coeur qui peut entraîner
chez les patients plus âgés des douleurs de
poitrine (angine de poitrine) et même une crise cardiaque
(infarctus du myocarde).
La
diminution des globules blancs (NEUTROPENIE)
La diminution du nombre de globules blancs réduit
la résistance aux infections bactériennes.
En plus de la fièvre, les patients atteints de neutropénie
peuvent être enclins aux infections de la peau, des
sinus (congestion nasale), des poumons (toux ou essoufflement),
ou des voies urinaires (envie douloureuse et fréquente
d'uriner).
La
diminution des plaquettes (THROMBOPÉNIE)
Les patients atteints de thrombopénie sont sujets
aux ecchymoses, même après des coups mineurs.
Les ecchymoses peuvent être importantes, certaines
sont grandes comme la paume de la main. Le saignement de
nez est fréquent. Les patients saignent souvent des
gencives, surtout après des soins dentaires.

Quelle
est la gravité de la maladie
La
classification Franco-Américano-Britannique (FAQ)
Au début des années 1980, des médecins
français, américains et britanniques ont
développé une classification pour évaluer
les risques potentiels des SMD. La classification FAB
est utile parce qu'elle mesure le potentiel évolutif
de ces maladies. Le pourcentage de cellules immatures
(blastes) dans la moelle osseuse est un critère
important de la classification. Les SMD se rangent dans
cinq catégories FAB :
1. L'anémie réfractaire simple (AR).
L'anémie ne répond pas au fer et aux vitamines
et elle a donc été qualifiée de "réfractaire".
On peut observer également une neutropénie
et une thrombopénie de discrète à
modérée avec moins de 5% de blastes dans
la moelle osseuse. La maladie évolue vers la LAM
dans moins de 10% des cas.
2. L'anémie réfractaire sidéroblastique
idiopathique (avec des sidéroblastes en couronne)
(ARSI). Les sidéroblastes sont des précurseurs
normaux des globules rouges normalement présents
dans la moelle osseuse et qui contiennent des granules
de fer. Les sidéroblastes en couronne sont des
sidéroblastes anormaux. Chez les patients atteints
de cette maladie, moins de 5% des globules de la moelle
sont des blastes. La maladie évolue vers la LAM
dans moins de 5% des cas, mais l'anémie nécessite
souvent des transfusions régulières de globules
rouges.
3. L'anémie réfractaire avec excès
de blastes (AREB). 5 à 20% des cellules de la moelle
osseuse sont des blastes et jusqu'à 5% de blastes
peuvent circuler dans le sang. L'anémie est généralement
importante, associée à une neutropénie
et une thrombopénie. La maladie évolue vers
la LAM dans 20 à 30% des cas.
4. L'anémie réfractaire avec excès
de blastes en transformation (AREB-T). 20 à 30%
des globules de la moelle ou plus de 5% des globules blancs
du sang sont des blastes. La maladie évolue vers
la LAM dans plus de la moitié des cas.
5. La leucémie myélomonocytaire chronique
(LMMC). On trouve les mêmes proportions de cellules
sanguines dans la moelle que chez les autres sous-classes
de SMD, à l'exception d'une augmentation des monocytes
dans le sang et dans la moelle. La moelle contient entre
1 et 20% de blastes. Le nombre total des globules blancs
peut être augmenté dans le sang. L'évolution
vers la LAM se fait dans 25% des cas environ.L'I
l'Index
pronostique international (IPSS)
Un index pronostique international (International Prognostic
Scoring System) a été récemment mis
au point pour évaluer la gravité des SMD.
L'IPSS classe la maladie en fonction des risques, notamment
celui d'évolution vers la LAM. Le score total obtenu
est la somme de trois éléments : le pourcentage
de blastes dans la moelle osseuse, le résultat
de l'étude cytogénétique (un examen
qui cherche les anomalies chromosomiques dans les globules
de la moelle osseuse) et le nombre de cellules sanguines.
|
CALCUL DU SCORE IPSS
|
| |
Score |
Blastes
dans la moelle
|
| 5%
ou moins |
0,0 |
| 5
à 10% |
0,5 |
| 11
à 20% |
1,5 |
| 21
à 30%* |
2,0 |
Etude
cytogénétique
|
| Favorable
|
0,0 |
| Intermédiaire
|
0,5 |
| Plus
grave |
1,0 |
Nombre
de cellules sanguines
|
Nombre
de Cytopénie(s)
|
|
| Neutrophiles<1800/mm3 |
0/1 |
0,0 |
| Hémoglobine<10g/dl |
2/3 |
0,5 |
| Plaquettes
<100 000/mm3 |
|
|
*Les patients qui ont plus
de 30% de cellules immatures dans la moelle ont une LAM
Selon le total obtenu, le patient se classe dans un des
groupes suivants :
Le groupe à faible risque : score 0
Le groupe à risque modéré : score
0,5 à 1,0
Le groupe à risque intermédiaire : score
1,5 à 2,0
Le groupe à haut risque : score plus de 2,0.
Le risque évolutif augmente avec le score.

Quels
examens permettent le diagnostic de SMD ?
On effectue d'abord une numération formule sanguine
complète. Pour cela, il faut faire une prise
de sang au coude. Si l'examen confirme qu'il existe
une anémie ainsi qu'un taux peu élevé
de globules blancs et/ou de plaquettes, on effectue
une ponction de la moelle osseuse (myélogramme).
Le but de cet examen est notamment de déterminer
le pourcentage de cellules immatures (cellules blastiques).
On colore un échantillon de moelle pour rechercher
des sidéroblastes en couronne. On effectue aussi
une analyse chromosomique (cytogénétique)
pour détecter toute anomalie, comme un chromosome
absent ou supplémentaire. Cette analyse chromosomique
peut être très utile pour déterminer
le risque évolutif du SMD et pour décider
du traitement. Des examens ultérieurs de la moelle
osseuse peuvent aider à déterminer si
le SMD s'est transformé en LAM.
|
RESULTATS DES EXAMENS IMPORTANTS DANS LE SMD
|
| |
Normal |
12 à 16g/dl |
| Quel est mon taux d'hémoglobine? |
Normal |
4
000 à 10 000/mm3 |
| Combien
ai-je de globules blancs? |
Normal
|
150
000 à 400 000/mm3 |
| Combien ai-je de plaquettes? |
|
<5%
de blastes |
| Quel pourcentage
de cellules immatures (blastes) ai-je dans la moelle
osseuse |
|
|
| Quel
est mon résultat cytogénétique? |
|
|
| Favorable
: Cytogénétique normale ou 5q- ou
20q- ou Y- |
|
|
| Intermédiaire : N'importe
quelle autre anomalie cytogénétique |
|
|
| Plus grave
: 3 anomalies ou plus, ou monosomie 7 ; 5q- signifie
la délétion (perte) partielle du bras
long du chromosome 5 ; monosomie 7 (-7) est la délétion
totale d'un des deux chromosomes "7" ;
+8 signifie un chromosome n°8 en plus (trisomie
8) |
|
|
| A quel
type de classification FAB mon SMD appartient-il?
|
AR,
ARSI, AREB, AREB-T, LMMC |
La
ponction de la moelle osseuse
Cet examen se fait lors d'une consultation. Il dure
normalement quelques minutes. Généralement,
la ponction se fait au niveau du sternum, et le patient
s'allonge sur la table d'examen sur le dos. Parfois,
il s'effectue à la crête iliaque (à
l'arrière des hanches) et le patient est alors
couché sur le côté ou sur le ventre.
Le médecin essuie la peau avec de l'alcool. Pour
une simple ponction de moelle, il est possible de réaliser
une anesthésie locale (par la xylocaïne
en injection, ou en crème). Une douleur peut
être ressentie lorsque l'aiguille pénétre
dans l'os, ou lorsque le médecin aspire un peu
de moelle avec une seringue. Parfois, il faut compléter
la ponction médullaire par une biopsie médullaire,
toujours effectuée à l'aile iliaque. Dans
ce cas, l'anesthésie locale est plus importante.
Les risques de l'examen de moelle osseuse sont minimes
après simple ponction. Après biopsie,
on observe chez quelques patients, surtout chez ceux
qui ont un nombre de plaquettes peu élevé,
une ecchymose ou une accumulation de sang sous la peau
(un hématome). Si le nombre de plaquettes est
inférieur à 50 000 par microlitre, le
médecin va exercer une pression sur la zone de
l'injection pendant cinq minutes.
Les patients qui subissent un examen de la moelle osseuse
ont souvent peur d'avoir mal. La ponction médullaire
est normalement peu douloureuse si elle est faite à
l'aiguille fine ou après anesthésie locale,
et si la quantité aspirée est faible.
Pour ce qui est de la biopsie médullaire, elle
est comparable à l'extraction d'une dent. Dans
les deux cas, il s'agit d'une piqûre dans l'os.
Si elle est faite correctement, on doit seulement sentir
l'aiguille qui s'insére sous la peau.
Quelques patients veulent savoir pourquoi on ne fait
pas d'anesthésie générale avant
la biopsie de moelle osseuse. L'anesthésie générale,
qui comporte des risques, n'est pas nécessaire
dans ce cas. Les patients peuvent demander un médicament
supplémentaire à prendre 1/2 heure avant
l'examen s'ils ont peur que la xylocaïne ne suffise
pas. Il est conseillé aux patients qui subissent
un examen d'aller en consultation avec quelqu'un qui
pourra les reconduire chez eux.

Comment
traiter les SMD ?
Le traitement des SMD dépend essentiellement
de deux facteurs : le niveau où les globules
sont descendus et les risques d'évolution vers
la LAM.
CHIMIOTHERAPIE
Dans le groupe à haut risque et le groupe à
risque intermédiaire, il y a un risque important
d'évolution vers la LAM. Il faut donc généralement
envisager une chimiothérapie, le plus souvent
par voie injectable et en hospitalisation. Des doses
assez fortes sont administrées pour enrayer
la maladie. La production de globules continue à
être défectueuse pendant un certain temps
: c'est un effet secondaire temporaire de la chimiothérapie,
car elle commence par détruire les cellules
de la moelle osseuse qui produisent les plaquettes,
les globules rouges et blancs. Pendant cette phase
qui dure plusieurs semaines, le patient reste à
l'hôpital où on lui fait des transfusions
de globules rouges et de plaquettes. On lui donne
aussi des antibiotiques pour combattre l'infection.
La chimiothérapie détruisant aussi des
cellules saines dans le reste du corps, les patients
soignés par chimiothérapie perdent leurs
cheveux et on le plus souvent une inflammation buccale
et, parfois des diarrhées. Si la chimiothérapie
arrive à réguler la production de cellules
myélodysplasiques, des cellules normales vont
ensuite se multiplier. Au bout de quelques semaines,
la moelle osseuse produit un nombre suffisant de globules
rouges et plaquettes, ce qui permet de diminuer la
fréquence des transfusions et le nombre de
globules blancs augmente, réduisant le risque
d'infection. Une chimiothérapie de consolidation
ou d'entretien sera ensuite nécessaire. Cependant,
la chimiothérapie ne donne pas toujours de
bons résultats. Même en cas de bon résultat
initial, la maladie peut revenir dans les 1 à
3 ans.
LA TRANSFUSION DE GLOBULES ROUGES
Les patients du groupe à faible risque
ou du groupe à risque modéré
peuvent ne pas produire assez de globules rouges.
Dans ce cas, ils reçoivent des transfusions
pour maintenir un taux d'hémoglobine normal.
Si les patients sont très anémiques
--c'est-à-dire avec un taux d'hémoglobine
inférieur à 8g/dl-- on leur fait des
transfusions, généralement deux unités
par jour à répéter à intervalle
régulier. Ces transfusions sont répétées
chaque fois que le taux d'hémoglobine descend
en dessous de 8g/dl, c'est le rythme transfusionnel.
Les globules rouges apportent du fer. Après
10 à 20 transfusions, ce fer se dépose
dans le coeur et dans le foie, risquant d'entraîner
des complications. Il peut alors être nécessaire
d'administrer un médicament, le Desferal, pour
faire baisser le taux de fer. Le Desferal doit généralement
être administré soit par voie veineuse
pendant la transfusion, soit par injection sous-cutanée
souvent grâce à une pompe. Le patient
garde la pompe pendant environ huit heures la nuit,
un ou plusieurs jours par semaine. On suit le taux
de fer sous traitement en dosant dans le sang la ferritine.
La transfusion de globules rouges peut aussi en théorie
transmettre des virus notamment des hépatites.
Toutefois, grâce aux examens pour détecter
les virus, les risques de transmission sont maintenant
extrêmement faibles. Les risques courus en refusant
la transfusion sont beaucoup plus importants.
LES
AUTRES TRAITEMENTS
L'érythropoïétine (EPO).
L'EPO, produite par les reins, aide au développement
de globules rouges. Son but est de prévenir
l'anémie pour éviter les transfusions
sanguines. Toutefois, elle n'est active que dans 15%
des cas environ. Elle est plus active lorsque le taux
d'EPO sanguin de base est peu élevé.
Les facteurs de croissance
Le G-CSF et le GM-CSF sont des protéines fabriquées
par le corps qui participent à la production
de globules blancs, et qu'on peut essayer d'utiliser
à forte dose comme traitement si cette production
est insuffisante. Le G-CSF et le GM-CSF sont donc
utiles chez les patients ayant un faible taux de globules
blancs et qui souffrent d'infections répétées.
Chez 75% des patients qui prennent du G-CSF (Neupogen,
Granocyte) ou du GM-CSF (Leucomax), le nombre de globules
blancs augmente, ce qui pourrait réduire les
risques d'infection ultérieure. Les deux médicaments
sont administrés par voie sous-cutanée
plusieurs fois par semaine. Il n'est pas certain toutefois
que ces médicaments améliorent l'évolution
globale du SMD et c'est pourquoi leur utilisation
reste limitée. Ils sont généralement
bien tolérés et ne provoquent pas d'effets
secondaires majeurs, bien qu'on observe occasionnellement
des lésions cutanées et des douleurs
osseuses.
Les transfusions de plaquettes
Les transfusions de plaquettes sont rarement pratiquées,
sauf dans les cas où le nombre de plaquettes
est inférieur à 10 000 par microlitre
et si surviennent des hémorragies. En général,
les patients développent une résistance
à ce traitement au bout de quelques mois. Actuellement,
il n'existe pas de médication très active
sur la thrombopénie des SMD. Des traitements
utilisant des facteurs de croissance agissant sur
les plaquettes (Interleukine 11, thrombopoïétine)
sont cependant en cours d'évaluation. Par ailleurs,
les hormones males (androgènes) permettent
parfoir d'améliorer le taux de plaquettes.
Les vitamines
Depuis vingt ans, des recherches se poursuivent sur
les vitamines dans les SMD. En tube à essais,
les cellules myélodysplasiques se normalisent
quand elles sont exposées aux dérivés
de la vitamine D3 ou la vitamine A (rétinoïdes).
Mais les essais cliniques sont pour le moment en général
assez décevants. La mise au point de nouveaux
traitements est à l'étude et vous pouvez
vous renseigner sur l'état actuel de ces recherches
auprès de votre spécialiste.
Les traitements immunosuppresseurs
Chez certains patients atteints de SMD, un "excès"
de réactions immunitaires contre leurs propres
cellules sanguines semblerait exister. Un traitement
immunosuppresseur, comme le sérum antilymphocytaire
est alors parfois proposé.
LA
GREFFE DE MOELLE OSSEUSE OU DE CELLULES SOUCHES SANGUINES
La greffe de moelle osseuse ou de cellules souches
sanguines devient une thérapie de plus en plus
efficace, surtout dans la LAM. La greffe guérit
les patients en détruisant toutes leurs cellules
myélodysplasiques. A ce jour, environ 1000
patients atteints de SMD on eu une greffe de moelle
osseuse. Cependant, c'est un traitement lourd, qui
peut entraîner des complications, et qu'il est
difficile d'effectuer au-delà de 55 ans, sauf
dans des conditions très particulières.
Les SMD touchant les personnes âgées
en priorité, la greffe n'est donc pas réalisable
dans la majorité des cas.
Par ailleurs, les candidats aux greffes doivent avoir
un donneur compatible dans le système HLA.
Le système HLA, qui est différent des
groupes sanguins, est déterminé par
une analyse de sang. Seuls peuvent être compatibles
un frère ou une soeur du patient, ou un donneur
non apparenté inscrit dans les fichiers de
donneurs volontaires ayant le même groupe HLA.
Les enfants et les parents d'un patient ne peuvent,
malheureusement, pas être des donneurs compatibles.
Même chez les patients plus jeunes, la greffe
de moelle osseuse est une procédure à
risque qui peut comporter des complications graves
: réaction du greffon contre l'hôte,
altération du foie ou des poumons. Cependant,
près de la moitié des patients peuvent
être définitivement guéris par
ce traitement.
Les patients de moins de 55 ans atteints de SMD ayant
un donneur HLA compatible doivent-ils tous recevoir
une greffe ? La réponse est discutée.
D'une façon générale, pour les
patients sans autre problème de santé
important, les risques de complication de la greffe
sont moins importants que les risques de la maladie
elle-même.

Conclusion
Les SMD sont des maladies pour lesquelles il n'y
a pas de guérison ni de remède rapide.
Le traitement consiste surtout à permettre
au patient de maintenir une vie et des activités
aussi satisfaisantes que possible. Les traitements
plutôt "agressifs" comme la chimiothérapie
et la greffe de moelle osseuse peuvent être
nécessaires dans certains cas mais aussi,
dans d'autres cas, peuvent faire plus de tort que
de bien et être contreindiqués. Le
choix du traitement doit donc résulter d'une
discussion et d'un dialogue entre le patient et
son médecin.
Pour tout renseignement, contactez
Groupe Français des Myélodysplasies
(GFM)
 Pr.Pierre
Fenaux/Mme Myriam Cambié
Service des Maladies du Sang
CHU, 1 place de Verdun
59037 Lille
Tél : 03.20.44.43.48 ; Fax : 03.20.44.47.08
 Pr.
François Dreyfus
Service d'Hématologie
Hôpital Cochin
27 rue du Faubourg St Jacques
75674 Paris Cédex 14
Tel : 01.42.34.14.63 ; Fax : 01.42.34.16.48
The MDS Foundation
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